III] C) Comparaison environnementale

Le XXIème siècle se caractérise par  une prise de conscience générale et une volonté des hommes de limiter leur impact sur l'environnement. Les gouvernements élaborent des projets ambitieux visant à réduire leur émission de CO2, alors que la consommation d'électricité va en augmentant. Les énergies dites "vertes" se développent, mais celles-ci, contrairement aux apparences, ne sont pas sans impact sur l'environnement. De plus, le nucléaire prend un nouvel essort malgré les risques, les industriels mettant en avant une production à moindre coût et sans émission de CO2... Mais qu'en est il vraiment ? L'énergie houlomotrice est-elle si propre que cela, et peut-elle concurencer le nucléaire sur le plan environnemental ?

a) Faune et flore

Champs d'éoliennes en Espagne

> Les éoliennes pourraient, selon certains, constituer un danger mortel pour les oiseaux (entrée en colision avec les pales invisibles à cause de la vitesse) et les chauves souris (barotraumatisme : choc provoqué par la baisse brutale de la pression de l'air au voisinage des lames dont la vitesse dépasse, à leur extrémité, 200 km/h). Cependant, aucune étude sérieuse n'a encore prouvé ces risques.

Pelamis

> De la même manière, aucune étude n'a montré la nocivité des Pelamis sur certains animaux marins. Le Pelamis se recyclant en récif artificiel, on peut même dire que les risques pour la biodiversité sont moins importants avec le Pelamis qu'avec l'éolienne, puisque les récifs artificiels permettent la reproductions des poissons. De plus, les Pelamis sont ancrés, il n'y a donc pas de fondations : Les fonds marins ne sont pas perturbés. L'impact du Pelamis sur la faune et la flore marine est donc a priori nul. Le Pelamis est le projet d'énergie houlomotrice le moins dangereux pour la faune et la flore : par exemple les éoliennes sous marines peuvent être dangereuses pour les poissons.

       Centrale nucléaire de Cruas dans la vallée du Rhône                       La position du nuage de Tchernobyl au 1 mai 1986 à 8h45

> Les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs très dangereux, et le risque d'un accident comme celui de Tchernobyl est toujours à craindre. En 2006, soit 20 ans après l'accident de Tchernobyl, 10000 liquidateurs sur 70000 sont morts victimes des radiations et 20000 sont invalides. En tout 9 millions de personnes ont été contaminées. Toute la faune et la flore de la zone de Tchernobyl est contaminée, et on observe un nombre important de mutations génétiques, qui provoquent des malformations chez les enfants des personnes exposées.


Passe à poissons d'un barrage

> Un barrage empêche la migration des poissons d'eau douce. L'installation de "passe à poissons" (voir photo) permet de limiter les dégats, mais à un coût élevé. Sur la Garonne, le transport de ces poissons se fait parfois par camions : les poissons sont attrapés en amont du barrage et relachés plus bas. Cette alternative revient moins cher que l'installation de passes à poisson, mais pollue plus. Les fermes houlomotrices, elles, ne dérangent aucune espèce marine. Au contraire, le fait que le Pelamis se recycle en récif artificiel permet la formation de congères (lieu de reproduction pour les poissons).

> Les barrages changent le débit naturel et saisonnier du fleuve, et donc le niveau des nappes phréatiques, la qualité de l'eau, ainsi que les fonds fluviaux, ce qui peut détruire la flore. De plus, la formation d'un lac de retenue en amont du barrage innonde les berges.

Des panneaux solaires chez un particulier

> Les panneaux solaires n'ont aucun impact sur la faune et la flore pendant leur exploitation.

b) Pollutions

> En France, le taux de CO2 par kWh toutes énergies confondues oscille entre 60 à 180g/kWh.

> Les éoliennes présentent un problème de pollution auditive : elles peuvent provoquer des pathologies liées à un traumatisme sonore. La dangerosité dépend de la distance, elles doivent donc être placées assez loin des lieux de travail et d'habitation. Au pied du mat, l'émission sonore est de 100 décibels lorsque le vent est faible. La pollution visuelle est plus importante pour les éoliennes que pour les Pelamis, puisqu'elles se trouvent sur les terres dans des lieux découverts, espacées de 350m et mesurant plus de 100 m de haut. La pollution en CO2 des éoliennes n'a lieu qu'au cours de leur fabrication, comme pour toute énergie renouvelable. D'après une étude de l'ACV-DRD, 1 kWh éolien génère 3 à 22 grammes de CO2.

> Les Pelamis sont situés à environ 5 km en mer, et semi-immergés. La pollution visuelle semble minime. Cependant, il peut être possible de les voir depuis la côte. Il va sans dire que la pollution sonore du Pelamis est nulle. Comme pour l'éolienne, le taux de CO2 par kWh produit par le pelamis est faible (40g de CO2 par kWh en comptant la fabrication, selon une étude de l'université d'Edimbourg).

> L'énergie nucléaire ne rejette presque pas de CO2 (de 0,05 à 6g de CO2 par kWh sans utiliser de charbon, d'après une étude de l'ACV DRD), c'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle ce type d'énergie continue à être développé. Cependant, lors de la construction de la centrale, les rejets sont énormes. Comme pour toute usine, la pollution visuelle est importante. Le nucléaire produit également des déchets radioactifs dangereux et difficiles à stocker.

 

 

c) Recyclage

> Les panneaux solaires ne se recylcent pas même si une fois usés, ils produisent encore une petite quantité d'énergie.

> Une partie des matériaux constituant les éoliennes peuvent être recylclés. Les pâles peuvent servir à la construction... de nouvelles éoliennes !

> Soit le Pelamis se recylcle en récif artificiel, soit ses composants sont récupérés pour la fabrication d'autres machines. Seuls quelques déchets produits lors de la fabrication ne peuvent être recyclés.

> Le combustible (uranium en particulier) utilisé par l'industrie nucléaire dure 4 ans. Selon AREVA, 96% des combustibles usagés peuvent être recyclés (à l'usine AREVA de la Hague), par exemple dans l'industrie militaire, mais surtout en nouveau combustible. Le plutonium est ainsi recyclé en  MOX utilisé comme combustible dans les centrales nouvelle génération, mais celui ci produit des déchets encore plus dangereux que les précédents... Même si les entreprises aiment nous faire croire que les déchets nucléaires peuvent être recyclés, ceux-ci constituent encore un problème insoluble, car on aboutit toujours à un stockage de déchets qui restent radioactifs plusieurs milliers d'années. Jürg Buri, directeur de la Fondation Suisse de l’énergie (SES) dira de cette situation : «Il est absolument irresponsable d’utiliser une technologie qui joue à la roulette russe avec notre avenir.» Malgré ces problèmes, des centrales de troisième génération continuent de se construire sur d'anciens sites.

 

 

 

 

> La question du recyclage des sites hydrauliques n'a pas encore été abordées puisque les premiers (construits il y a plus de 50 ans) sont encore en activité. Cependant, certaines collectivités dénoncent les risques provoqués par ces barrages trop anciens, car l'accumulation des sédiments fragilise la structure.

d) Divers

>  Les deux machines sont l'une et l'autre aussi sensibles aux catastrophes climatiques. L'environnement dans lequel est installé le Pelamis semble même plus hostile (tempêtes en mer) mais un accident comme une rupture des cables serait moins dangereux que pour une éolienne (chute du mat, pale arrachée...).

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