II] C) Comparaison économique

   Pour pouvoir se développer, le Pelamis doit être compétitif sur tous les plans économiques, afin de bénéficier du soutien gouvernemental, mais également d'être intéressant aussi bien pour les fournisseurs que pour les consommateurs. Il doit donc produire le plus possible, et ce à moindre coût... Cependant, les énergies renouvelables sont réputées onéreuses et peu productives, contrairement aux moyens traditionnels (nucléaire, gaz, pétrole, charbon...). Mais ces derniers ont des impacts catastrophiques sur l'environnement, et ne sont pas inépuisables. L'énergie houlomotrice semble répondre aux besoins énergétiques des hommes tout en préservant notre planète. Mais quel sera le prix de cet engagement pour la Terre ?

a) Production

   Les énergies renouvelables se caractérisent, hélas, par une production énergétique bien inférieure à celle requise par l'humanité. Pourtant, les développeurs du Pelamis annoncent une production supérieure à la moyenne... Qu'en est il vraiment ? Les fermes houlomotrices pourront elle produire autant que les centrales nucléaires ?

Pelamis

> Le potentiel théoriquement exploitable de l'énergie houlomotrice en Europe se situe entre 140 et 750 TWh/an avec les systèmes de seconde génération comme le Pelamis, selon une étude de la Commission Européenne. Sur la facade atlantique française, l'énergie houlomotrice est de l'ordre de 45 kW par mètre de ligne de côte. Un Pelamis produit  2,25 MW en un an (pour une longueur de 170 m et un diamètre de 3,5 m, premiers prototypes testés en mer). La Ocean Power Delivery compte multiplier cette production par 10 d'ici quelques années, mais pour l'instant, les chercheurs estiment qu'ils ont vingt ans de retard sur l'énergie éolienne du point de vue de la recherche technologique... Les rendements seraient sûrement plus importants si on réussissait à limiter la corrosion ou à améliorer les câbles sous-marins en fibre optique.

Eolienne 82 repower

> Les éoliennes les plus courantes (MM82 repower, entre autres) produisent environ 2 MW par an au maximum (diamètre de rotor de 82 m, hauteur du mât 80m). Il faut donc 63 éoliennes pour produire autant que 56 Pelamis (126 MW/an). Un écart relativement faible...

> Il est important de préciser que la production des éoliennes varie énormément en fonction du site et de la saison. Une éolienne ne fonctionne jamais qu'à  20 à 40%, selon la puissance du vent, alors que le Pelamis est toujours rentable à 70 ou 80% en moyenne.

Centrale nucléaire

> Une centrale nucléaire (comme celle de Flamanville en 2008) peut produire 18 milliards de KWh en un an, soit 18 000 GW, soit 18 000 000 MW (la superficie de cette centrale est de 120 ha)... Soit l'équivalent de 8000000 Pelamis produisant chacun 2,25 MW par an !

Barrage du Chastang

> Un petit barrage (comme celui du Chastang datant d'il y a plus de 50 ans et mesurant 31 km de long) peut produire en moyenne en un an 540GWh (pour une puissance totale installée de 300MW). Mais un barrage aussi grand que celui des trois Georges en Chine (2,3 kilomètres de longueur et 185 mètres de hauteur, mis en service en 2006, le plus grand au monde ! ) génère 18 200 MW par heure, soit 10% de la consommation chinoise en électricité.

Panneaux solaires

> Sur la majeure partie de l'Europe, la production annuelle d'un panneau solaire photovoltaïque (produisant de l'électricité) est de l'ordre de 100 kWh par m2. (en sachant qu'un panneau solaire récupère environ 10% de l'énergie solaire reçue). Il faut donc 225 m² de ces panneaux solaires pour produire autant qu'un Pelamis en un an !

Le Pelamis produit donc beaucoup plus que les panneaux solaires, et un peu plus que les éoliennes. En revanche, les fermes houlomotrice composées de Pelamis ne pourront sûrement jamais remplacer les centrales nucléaires et les gros barrages, même si le potentiel techniquement exploitable de l'énergie houlomotrice en Europe est immense.

b) Coût

Le prix de l'énergie houlomotrice, que ce soit celui du kW/h ou celui du projet, est déterminant. Si celui ci s'avère compétitif, les états pourront financer l'installation de fermes houlomotrices et les consommateurs ne seront pas lésés.

> Les tarifs pratiqués par les fournisseurs (EDF par exemple) varient entre 0,08 € et 0,13 € le kWh environ, tout type d'énergie cofondus. Les offres étant particulièrement complexes et évolutives, il s'agit là d'une simple indication.

> En 2008, le Portugal, lors de l'installation des premiers Pelamis, avait fixé un tarif de 24,5 centimes d'euros le kWh. Le projet visant à installer 26 pelamis nouvelle génération en Ecosse est estimé à 100 millions de dollars. L'énergie houlomotrice ne bénéficie de subventions que pour le dévelopement de nouveaux prototypes, le prix du kWh est élevé car il n'est pas amorti par des primes.

Autre facteur qui fait monter les coûts du Pelamis de manière exponentielle, la nécessité d'installer des câbles enfouis à plus de 1m20, ce qui équivaut à plus de 200 000 euros le km de câble ensouillé !

> Le prix du kWh éolien est d'environ 8 centimes d'euros les premières années, puis de 3 centimes d'euros. Selon France Energie Eolienne, le coût d'une éolienne installée de 2 MW varie entre 1 et 1,3 million d’euros. Cependant si le prix de l'éolien parait dérisoire face à celui de l'énergie houlomotrice, c'est grace aux nombreuses subventions dont il bénéficie. Les premières éoliennes coutaient aussi cher (voir plus) que les Pelamis aujourd'hui.

> Ces écarts entre le Pelamis et l'éolien sont dus essentiellement à la corrosion marine, plus forte que celle de l'air, à l'instabilité de la mer (tempêtes, hauteur des vagues variable), et surtout à la nécessité de transporter l'énergie vers la terre ferme. D'après les calculs réalisés, il faudrait multiplier par 400 la surface des premiers parcs pour qu'ils produisent autant que toutes les éoliennes du territoire le font actuellement. On obtiendrait ainsi 1 GW de puissance installée.

> Le prix du kWh produit par panneaux solaires photovoltaïques est de l'ordre de 30 à 60 centimes d'euros (estimations variables en fonction des sources, sans tenir compte du stockage). A noter que les particuliers désirant installer de tels panneaux solaires bénéficient d'aides de la part des collectivités locales pour leur installation, et d'une réduction de la TVA. Un m² de panneau solaire photovoltaïque coûte environ 1000 € TTC, matériel et pose comprise, hors aides et subventions. Ce type de production d'énergie durable est l'un de ceux privilégiés en priorité par EDF.

> Le prix du kWh nucléaire est de 3,5 centimes d'euros. La grande majorité de l'électricité distribuée par les principaux fournisseurs est issue du nucléaire. En France, le prix de l'installation d'une centrale nucléaire est de l'ordre de 1,5 milliards d'euros par unité de 1000 MW.

> Le prix du kWh produit dans une centrale hydroélectrique est de 6 centimes d'euros. Ce type d'énergie bénéficie également de primes, mais moins importantes que celles accordées à l'éolien ou le solaire. Le budget officiel du projet du barrage des trois Georges en Chine s'élèvait  à... 27 milliards de dollars !

Le prix du kWh est donc plus bas pour les gros moyens de production comme les centrales nucléaires ou les barrages, mais il tend a baisser pour les énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien grace aux subventions gouvernementales. Le budget dépend de la taille du projet, il est donc énorme pour la construction d'un barrage ou d'une centrale nucléaire. Le Pelamis ne coute pas plus cher à l'installation que sont équivalent en éolienne ou panneaux solaires. On peut donc dire que même si le prix du kWh produit par le Pelamis parait excessivement élevé au premier abord, l'énergie houlomotrice ne coûte pas plus cher au consommateur que l'énergie éolienne ou solaire.

c) Remarques

> L'espérance de vie des sites et machines est importante car ces modèles ne sont rentables qu'au bout de quelques années, et pour pouvoir faire des bénéfices conséquents il faut donc que l'éspérance de vie soit la plus élevée possible. Cette donnée est celle qui cause le plus de tort à l'énergie houlomotrice, car l'usure des engins est beaucoup plus grande dans la mer.

> L'espérance de vie d'une éolienne est d'environ 20 ans, soit 5 ans de plus que le Pelamis, qui a eu plusieurs fois des problèmes d'étanchéité. Les centrales nucléaires sont arrêtées au bout de 40 ans.Selon EDF, les centrales hydroélectriques sont conçues pour durer plus de 100 ans... mais cela entend des rénovations. L'espérance de vie moyenne des panneaux solaires est de 30 ans.

> Le Pelamis et l'éolienne ont une faible espérance de vie car ils sont soumis à des vents et vagues parfois très forts qui peuvent causer des dégats (dans le cas du Pelamis, il y eut en 2008 plusieurs problème d'étanchéité, et pour l'éolienne les pales peuvent être arrachées ou tordues). L'espérance de vie des centrales nucléaires est limitée afin d'éviter tout accident radioactif dû à une déficience du matériel.

> La surface occupée est importante car la production d'énergie doit le moins possible limiter le développement d'autres activités (agriculture, navigation, habitat...)

> Alors qu'un parc d'éoliennes n'occupe que 2% de sa surface au sol et ne limite pas l'activité agricole, une ferme houlomotrice de 40 Pelamis empêche la navigation sur 1 km². Les panneaux solaires, même s'ils peuvent être installés sur les toits, posent également un problème en terme de surface occupée. Pour produire autant qu'un Pelamis en Europe, (2250 kWh / an), il faut 225 m² de panneaux solaires ! Le nucléaire pause évidement le problème de stockage des déchets radioactifs, sans compter la superficie de la centrale et le risque d'accident ( le nuage de Tchernobyl a touché une grande partie de l'Europe...). Enfin, la mise en place de barrages limite la navigation et oblige des centaines d'habitants à déménager. (La construction du barrage de saint George obligea entre 1,2 et 1,9 millions de personnes à déménager).

> Les générateurs des éoliennes produisent des interférences électromagnétiques, qui peuvent brouiller les signaux d'autres appareils (télévision, radio...).

> Contrairement à d'autres systèmes d'énergie renouvelables comme l'éolienne ou les panneaux solaires, le Pelamis ne peut être utilisé par des particuliers.

> Contrairement au nucléaire qui nécessite le stockage coûteux de déchets radioactifs très dangereux, le Pelamis produit très peu de déchets car la plupart de ces derniers peuvent être recyclés.

 

 d) Rappels sur les préfixes employés pour la formation des multiples et des sous-unités

déca-  dix                                                déci-  dixième

hecto-  cent                                             centi-  centième

kilo-  mille                                               milli-  millième

méga-  million                                          micro-  millionième

giga-  milliard                                           nano-  milliardième

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